Le brûlerie Caron, c’est toute une histoire familiale, de père en fille

14 Déc
Anne Caron devant la machine de son père Sylvain

Anne Caron devant la machine de son père Sylvain, un trésor.

Jeudi 11 décembre 2014, une visite à Châtillon est inscrite en rouge sur mon agenda. La brûlerie Caron m’invite à venir découvrir son café. Je ne crois pas avoir  jamais gouté leur blend qui a obtenu une récompense en 2013, médaille d’argent. Sylvain Caron, a de plus été consacré Meilleur torréfacteur de France en 2011. Cette maison reste discrète.

Châtillon c’est le bout de la ligne 13. Bref un endroit de banlieue où les journalistes parisiens ne s’aventurent guère. Xavier, le responsable commercial vient me cueillir à la gare. Les dix minutes du trajet me confortent dans le sentiment que la visite va être fructueuse.

Le quartier est en pleine mutation.Devant la brûlerie, des immeubles poussent comme des champignons. De futurs bureaux. Heureux salariés qui, bientôt, auront à leur porte l’atelier de fabrication de l’un des meilleurs cafés de Paris.

De grands crus dans un gobelet en plastique bon ? oui !

De grands crus dans un gobelet en plastique bon ? oui !

La brûlerie Caron est une entreprise familiale. Créée par Sylvain Caron un Normand,  qui était trop amoureux du café pour rester toute sa vie garçon de café parisien.  Ce rêveur inventif, comme le décrit sa fille, veut créer un café d’exception. Sa femme  oriente le projet vers les distributeurs automatiques. « Ma mère a eut l’intuition que les entreprises allaient s’équiper en masse, c’était dans les années 70″, se souvient Anne, leur fille, l’actuelle présidente de l’entreprise. De là à lancer un excellent café  dans un distributeur… c’était ça l’idée commerciale de départ. « Mon père a mis un an à trouver le bon assemblage, nous goutions beaucoup de cafés à la maison », s’amuse t elle. La société est créée en 1974. En 1993, une boutique ouvre ses portes  à Nanterre ; puis l’entreprise grossit et déménage en 1999 à Châtillon.

Anne est une esthète du café.

Esthète, Anne Caron déteste le robusta. L’assemblage de la maison Caron se compose de quatre grands crus  d’arabica, la formule est gardée secrète comme un grand parfum.

Leur fille Anne a pris son temps avant de rejoindre l’entreprise. Après des  études scientifiques  (DESS  en biologie végétale sur le café), qui la mène à créer une société spécialisée dans la qualité,  elle va s’occuper de la certification de l’entreprise familiale, naturellement. Après en avoir fait une société de pointe sur la  question HACCP,   elle y reste définitivement. Son père lui a donné carte blanche, a  formé un maitre de torréfaction, et reste en soutien.

La Présidente actuelle de la brûlerie qui veille sur quatre-vingts salariés est donc Anne. Mère de famille, enceinte de sa seconde fille, elle fait déjà gouter au bout de son doigt le café à sa fille de 18 mois. Le second, dans son ventre, baigne déjà dans les vapeurs de la brûlerie. L’autre jour elle a gouté 200 cafés dans la journée ! Sans aucun doute, pour Anne le café de son père est le meilleur, ou l’un des meilleurs – car elle respecte le travail des autres artisans.

Assemblage de quatre grands crus pour un ristrettto fantastique

Assemblage de quatre grands crus pour un ristrettto fantastique

« Nous ne sommes pas des vendeurs de café comme les autres. Nous voulons vendre notre café à des gens qui aiment et respectent notre produit. C’est pourquoi nous avons travaillé jusqu’à présent surtout avec les restaurants bistronomiques comme  l’Entre Amis dans le 15ème [excellente adresse NdlR]. Ils savent  en parler. C’est inadmissible de proposer du Nespresso dans un étoilé comme on le voit faire. D’ailleurs quand je vais dans un grand restaurant c’est très rare que je commande un café… », dénonce cette esthète.

L’entrepreneuse reconnait pourtant à Nespresso un rôle positif dans l’éveil de l’intérêt  des Français  pour le goût du café depuis dix ans.

La fleur de caféier en guise de mascotte | photos boncafeparis.

La fleur de caféier en guise de mascotte | photos boncafeparis.

La Brulerie Caron déploie de nouveaux projets pour 2015. Un premier magasin situé dans Paris même. Un temple du café, vente et dégustation. L’ouverture est programmée début février 32 rue Notre Dame de Nazareth près de République et se greffe sur le quartier gastronomique connue sous le nom de La jeune rue. Voir la vidéo.

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